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Novembre 2009 Bonjour mes chéris, Niels Bohr, le fameux physicien, a dit : « C’est une erreur de penser que but de la physique soit de découvrir comment EST la nature. La physique traite de ce que nous DISONS de la nature ». Je trouve que cette affirmation s’applique tout autant à la spiritualité et à la religion. Toute discussion à propos de Dieu, la Source ou l’Illumination est une discussion à propos de ce qui a été DIT sur le sujet, même si cela a été dit par votre propre esprit. L’esprit confond sa capacité à étiqueter et à comparer les choses avec réellement savoir ce qu’EST quelque chose. Ce malentendu fondamental est à la racine de l’insatisfaction humaine. Ce n’est pas la limitation elle-même qui provoque l’insatisfaction, c’est l’ignorance à propos de la limitation. Vous imaginez que ce que vous pensez être vrai est Vrai au sens Absolu, plutôt que de réaliser que ce n’est vrai que dans un sens relatif et limité. Voilà pourquoi l’Enseignement Vivant se focalise sur votre nature essentielle, vous encourageant à suivre votre curiosité puisqu’elle se rapporte à Ce que Vous Etes plutôt qu’à ce que vous imaginez être. Il y a de nombreux chemins conduisant au bord de la falaise. Celui où vous êtes peut être aperçu en tournant la tête par dessus votre épaule. Affectueusement, Wayne
Octobre 2009 Bonjour mes chéris, Un mois est maintenant passé depuis la mort de Ramesh. En ce qui me concerne, la douleur aigue de la perte a été remplacée par une sourde douleur lancinante. J’ai reçu de très belles lettres et de très beaux mails de la part de personnes exprimant leur amour pour Ramesh, qui parlaient du profond impacte qu’il a eu sur leur vie. Il fut pour tant d’entre nous un des cadeaux les plus extraordinaires de la vie. Ramesh avait l’habitude de raconter l’histoire d’un de ses amis éditeur qui, faussement, se considérait illuminé. Lorsque l’épouse de cet homme mourut, il fut anéanti par le chagrin et cela le plongea dans la confusion. Il s’était imaginé qu’il était « au-dessus » de telles émotions bassement humaines… Puisqu’il se savait l’Absolu, lui et tout le reste, qui pouvait donc bien demeurer pour éprouver de la peine et pour qui ? Ceci met en lumière l’un des mythes les plus persistants qui entourent l’illumination… que l’illumination conduirait à une sorte de passive indifférence dans laquelle tout est su être illusoire, y compris celui qui saurait cela. La plupart des religions organisées louent le renonçant, le sufi, le sadhu, le pénitent, le moine itinérant qui abandonne affaires et vie de famille pour se concentrer sur le Suprême. La présomption ici est que la vie quotidienne et le Suprême sont en quelque sorte séparés l’un de l’autre, s’excluant mutuellement. Je préfère le point de vue Taoïste qui voit en l’homme de compréhension un humain parfaitement ordinaire. Il mange quand il a faim, il travaille pour couvrir ses besoins et ceux de sa famille, il prend plaisir à sa sexualité et réagit quand il a mal. Il vit en accord avec sa nature. Un de mes souvenirs favoris concernant Ramesh est de l’avoir vu s’emporter passionnément devant un épisode de « Qui veut devenir un millionnaire ? » à la télévision. Le concurrent venait de choisir de risquer une petite fortune pour accéder au niveau supérieur… « Espèce d’idiot !! » s’écria Ramesh, le toujours conservateur banquier dans l’âme. Ramesh était l’un des plus ordinaire des hommes extraordinaires. Sa vie même en témoignait. Il n’était donc pas surprenant qu’il récolte l’ire des fondamentalistes religieux contemporains pour qui la Compréhension est synonyme de renonciation et qui ont une très forte idée de comment les autres « devraient être. » Ramesh essuyait ces attaques souvent virulentes et fourbes avec une grâce et un humour qui lui étaient propres. « Brickbats et bouquets » avait-il l’habitude de dire. J’avoue ne pas savoir ce qu’était un « brickbat » (c’est le nom d’un club), mais je comprenais ce qu’il entendait par là : que dans cette vie, certains vous témoignent de l’amour (bouquets) et d’autres vous témoignent de la haine (brickbat). Mais finalement, ce qu’ils témoignent est plus révélateur d’eux-mêmes que de vous-même. Affectueusement, Wayne
Septembre 2009 Bonjour mes chéris, Une des réactions les plus communes que je rencontre au cours de mes conversations sur l’Enseignement Vivant est : « Si tout n’est qu’une « simple » survenue prédéterminée, pourquoi devrais-je faire un quelconque effort pour faire quoi que ce soit ? » Le mot clé dans cette question est « devrais. » En fait, ce « devrais » est véritablement sans fondement. Que vous le réalisiez ou non, vous faites ce que vous faites parce que l’Univers dicte vos actions. Il le fait via une combinaison de prédispositions génétiques associées à un conditionnement environnemental subséquent (expérience et apprentissage). Si vous observez vos propres actions en profondeur vous pourriez vous apercevoir que vous faites les choses indépendamment de votre sentiment que vous devriez ou ne devriez pas les faire. Le « devrais » est simplement une histoire qui se raconte au sujet de ce qui va arriver ou de ce qui est arrivé. Parfois, ce qui arrive est aligné avec votre sentiment du « devrais » et vous êtes satisfait. D’autres fois, il y a un écart entre ce qui est arrivé et le sentiment que vous avez de ce qui « aurait dû » arriver. Il y a alors un sentiment de culpabilité (si c’est VOUS qui auriez dû faire différemment) ou un sentiment que le monde va de travers (si c’est L’UNIVERS qui aurait dû faire autrement). Cette lettre mensuelle s’achève sur une citation de Ramesh datant d’il y a vingt ans, dans laquelle il parle d’effort sans effort. Ce qu’il décrit, c’est l’effort sans le « devrais » subséquent, qui est toujours le produit d’une implication du sens erroné d’être l’auteur de ce qui se passe (le « moi »). Considérez ce petit mot comme un encouragement à suivre la curiosité qui anime votre cœur jusque dans l’espace du témoin silencieux. Affectueusement, Wayne
Seul l’effort sans effort (le regard témoin passif dénué de tout jugement) allié au chemin sans chemin (la pure compréhension dénuée de tout « moi » en tant que celui qui comprend) peut conduire au but sans but (« Cela » qui a toujours été là, maintenant). - Ramesh Balsekar, 1989
Août 2009 Bonjour mes chéris, La mort récente de Sharda, la très chère épouse de Ramesh, la condition médicale sérieuse de ce dernier (Ramesh est à l’hôpital avec une pneumonie) et la naissance de ma première petite-fille, Hailey, il y a deux semaines, m’ont amené à réfléchir à ce miracle aigre-doux de la vie. Dans l’Enseignement Vivant, nous parlons de la vie telle que nous en faisons l’expérience comme étant la somme de la naissance et de la mort. Comme une équation : Naissance + Mort = Vie. Il s’agit d’une approche très différente de l’idée habituelle selon laquelle la mort annule la vie. Vie – Mort = 0. Dans cette perspective, la mort est vue comme une négation. Il en résulte un vide, un zéro. Lorsque nous adoptons la première approche holistique, la mort est comprise comme étant un composant essentiel dans la formule de la Vie. La Vie elle-même est éternelle. La Vie est la source de toutes choses. Elle est notre nature persistante et essentielle. Pour les créatures humaines, la naissance est généralement associée à la joie et au bonheur, la mort à la peine et à la douleur. J’ai réagi avec une joie quasi extatique lorsque j’ai pris ma petite-fille (âgée de seulement quelques minutes) dans les bras. Il m’a été demandé par la suite en quoi cela différait de la première fois où j’avais tenu ma fille… après réflexion, j’ai réalisé que la naissance de ma petite-fille était plus marquante pour moi en raison de ma relation actuelle avec la mort. Il y a trente ans, lorsque ma fille est née, j’avais peu de relation avec la mort. C’était une abstraction, quelque chose dont j’étais dissocié. Je savais bien que j’allais mourir un jour, mais cette notion restait dépourvue de réalité. Ce n’est plus le cas. La mort est maintenant réelle pour moi. J’ai tenu mon père pendant qu’il mourait. Je peux sentir ma propre mortalité dans mon corps au fur et à mesure qu’il avance en âge. J’ai observé avec tristesse mon bien-aimé gourou vieillir et s’affaiblir. D’étrange, mais merveilleuse manière, cette familiarité avec la mort rend la naissance d’autant plus spectaculaire. Naissance et mort se nourrissent l’une l’autre. Dans la vision de cela… dans l’Acceptation qu’une telle vision incarne, il y a la Paix. Puissiez-vous la trouver maintenant. Affectueusement, Wayne
Juillet 2009 Bonjour mes chéris, Environ une semaine avant que je n’atteigne Bombay pour Guru Purmina, j’ai reçu la triste nouvelle de la mort de Sharda, la merveilleuse épouse de Ramesh, qui s’est éteinte paisiblement dans leur appartement de Bombay. Ce dont je me souviendrai toujours à propos de Sharda Balsekar, ce sont ses mains. Elles existent, figées dans ma mémoire, le bout des doigts et du pouce réunis, suspendus au-dessus d’un plat de puri barata, comme égrenant une poudre de fée magique. Et c’était une sorte de poudre de fée magique… si vous pouvez appeler l’amour, poudre de fée magique. Car c’est exactement l’ingrédient qui transformait ces composants ordinaires en une chose véritablement sublime. L’amour de Sharda pénétrait toutes les choses et tous ceux qu’elle rencontrait, nous transformant et nous enrichissant. Sharda a habité chez moi et j’ai habité chez elle. Durant vingt-et-un ans, nos chemins se sont croisés chaque année, parfois brièvement, parfois pendant des mois. Elle était toujours la quintessence de la grâce et de la subtilité. Elle était à la fois intéressante et intéressée. Elle avait la capacité de me donner le sentiment d’avoir sa totale attention. Une autre image qui demeurera fixée dans mon souvenir est celle de Sharda perchée très haut sur les pentes du Mont Haleakala, dans l’île de Maui, trempant ses lèvres avec allégresse dans une coupe de champagne, avec en arrière plan l’hélicoptère qui nous y avait conduit et qui se tenait prêt au retour. Ses yeux pétillaient comme le vin et je pouvais voir qu’en cet instant, elle était vraiment, vraiment heureuse, presque comme une petite fille à laquelle on aurait accordé un plaisir défendu. Plus que tout autre chose… Sharda se souciait des autres. Elle se souciait de sa famille et de la mienne. Elle se souciait de moi et de tous ceux d’entre nous qui eurent la grâce de bénéficier d’un petit peu de son temps ici sur Terre. Je l’aimais. Elle va me manquer. Affectueusement, Wayne
Juin 2009 Bonjour mes chéris, « Croyez ceux qui sont en quête de la vérité.
Doutez de ceux qui la trouvent. » Je suis très heureux de voir mon nouveau livre L’illumination n’est pas ce que vous croyez sortir en librairie ce mois-ci. S’il réussit de quelque façon que ce soit à dissiper quelques-uns des mythes concernant l’Illumination, je serai parfaitement récompensé. Dans l’Enseignement Vivant, il est reconnu que la quête de la Vérité a infiniment plus de valeur que le fait de la trouver. La quête est dynamique et vivante. Une fois que vous pensez avoir trouvé la Vérité, le savoir qui en résulte est mort. Le savoir est une acquisition. La Vérité une révélation. La nature de cette révélation est une absence plutôt qu’une chose à gagner. Bien sûr il est impossible de décrire une absence… on ne peut décrire que quelque chose qui a des propriétés. L’impossibilité de décrire l’Illumination, combinée à l’insatiable soif du chercheur de savoir ce que c’est, a engendré un incroyable faisceau « d’indicateurs » pointant en direction de cette Illumination. Le sort inévitable de tels indicateurs est que les gens les entendent comme des descriptions et les prennent alors pour des Vérités en soi. Ce serait une tâche ingrate et sans fin que de tenter de démontrer la fausseté de chaque croyance concernant l’Illumination. Je me suis contenté de proposer une perspective élargie sur le sujet, en laquelle une vision nouvelle et plus profonde puisse être trouvée. J’espère que vous la trouverez enrichissante. Comme toujours, nous verrons ce qu’il adviendra. Affectueusement, Wayne
Avril 2009 Bonjour mes chéris, Notre langue peut nous dire beaucoup sur les présomptions de la société dans laquelle nous vivons. J’entends souvent des gens dire : « J’ai fait de mauvais choix qui m’ont mis dans la mauvaise position où je me trouve à présent. » En surface, cela peut sembler évident et indiscutable, mais cela introduit une question plus vaste. Quelle était la source du choix ? Chez les enfants, c’est plus clair. Si vous demandez à un jeune enfant, « Pourquoi as-tu choisi de frapper Pierrot et de lui prendre ses jouets ? » il vous fixera ébahi. Il ne peut établir un rapport avec la notion qu’il a « choisi » de faire ce qu’il a fait. Dans son esprit, il a simplement FAIT ce qu’il a fait. Pressé de s’expliquer, il dira simplement « Je ne sais pas, j’ai eu envie de le faire. » Dit simplement, c’était une survenue. Cela s’est PRODUIT. En prenant de l’âge, nous apprenons à jouer aux jeux de l’adulte. Nous apprenons comment raconter des histoires élaborées à propos de ce qui se produit. Nous apprenons à donner des RAISONS à ce qui se produit. Nous apprenons à accepter louanges et blâmes, qui rapidement se transforment en orgueil et en culpabilité. À la racine du jeu de l’adulte il y a la proclamation d’être personnellement l’auteur de ce qui se produit, une prétention profondément enracinée dans la culture humaine et dans la société. Ces racines profondes sont le plus grand obstacle à une investigation ouverte et impartiale sur le bien fondé ou la fausseté de cette prétention d’être auteur de ce qui advient. L’Enseignement Vivant vous encourage à être infatigable dans votre poursuite de la vérité de Ce qui Est. Si vous vous découvrez curieux et capable de regarder plus profondément au cœur de la Source, c’est que vous avez été touché d’une manière assurément rare. Affectueusement, Wayne
Février 2009 Bonjour mes chéris, « Liberté » est un mot souvent utilisé de façon interchangeable avec le mot Illumination. Être Illuminé, c’est être libre. Mais vous êtes-vous jamais pris à considérer ce que signifie être libre? C’est curieux. Demandez aux gens à quoi ils pensent quand ils pensent à la liberté et la plupart parleront en termes de liberté de faire ce qui leur plait. Liberté d’aller là où ils le souhaitent. Liberté de dire ce qu’ils ont envie de dire et de faire ce qu’ils veulent faire. La liberté est souvent associée au choix. Liberté de choisir un leader (le vote). Liberté de choisir une épouse. Liberté de choisir une carrière. Regardez-y de près et vous verrez que ce type de liberté gravite autour du fait d’obtenir ce que vous voulez. Soi-disant, plus vous êtes libre, mieux vous serez capable d’obtenir ce que vous voulez et plus vous serez satisfait. Une telle notion de la liberté est immanquablement liée au pouvoir. Si vous êtes doté d’une puissance physique, vous êtes libre d’escalader des montagnes que vous ne pourriez gravir si vous étiez de faible constitution. Si vous jouissez d’une puissance financière, vous êtes libre de voyager et d’acquérir des biens que vous ne pouvez acquérir si vous êtes pauvre. Ainsi la liberté devient associée à l’acquisition ou au contrôle, et c’est pourquoi la plupart des gens estiment que le chemin de la liberté se trouve dans l’acquisition ou le contrôle. Mais le désir pour une telle liberté est sans limites et insatiable. Plus vous obtenez et plus il reste à obtenir. Il suffit de lire les journaux pour voir où cela conduit sur un plan fiscal. Sur un plan spirituel, ce même désir d’acquisition et de contrôle prend la forme d’un matérialisme spirituel en lequel une COMPRÉHENSION, toujours plus grande et toujours plus profonde est recherchée. La liberté spirituelle est souvent vue comme être libre de mentations, ou libre de la colère, ou libre du désir. Dans cette perspective, l’équanimité et la paix sont considérées comme des états à atteindre à travers discipline ou renonciation. En fait, la liberté n’est jamais atteinte. Elle ne peut qu’être révélée. La liberté n’est pas une chose à acquérir mais une condition qui existe en ce moment même. Elle est là, maintenant, et elle sous-tend toute chose. La véritable liberté est Acceptation totale. Affectueusement, Wayne
Janvier 2009 Bonjour mes chéris, L’Enseignement Vivant repose sur le principe de l’investigation. La Foi véritable est entendue comme une apperception plutôt qu’une croyance. Elle émerge naturellement de la Compréhension de la nature de Ce qui Est. Dans l’Enseignement Vivant, foi et Acceptation sont liées. Quelque soit ce que vous regardez en profondeur, cela est susceptible de vous amener à confronter Le Mystère qui se trouve à la racine de toute chose. La Foi est la Compréhension profonde de ce qui Est véritablement. Le regard en profondeur se produit à travers différents canaux. Les gens que nous appelons des Penseurs regardent principalement avec leur intellect. Les gens que nous appelons des Sentimentaux regardent principalement avec le cœur. Les gens que nous appelons des Actifs regardent principalement à travers leurs actes. Les gens que nous dénommons Yogi regardent principalement à travers le souffle et le corps. L’Enseignement Vivant embrasse et déploie tous ces canaux. L’Enseignement Vivant peut être compris comme le fleuve à partir duquel tous les canaux séparés rayonnent et vers lequel, inévitablement, ils retournent tous. Affectueusement, Wayne
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