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| Novembre 2006
Bonjour mes chéris, Hommage au vécu des humains ! En tant qu’étudiant de la non dualité, vous avez sans aucun doute été enclin ou poussé à reconnaître que vous n’existez pas. Hélas, comme les indications de tant d’enseignements (y compris le mien) l’essence de ce vers quoi pointe cet enseignement est souvent obscurcie par une interprétation grossièrement littérale. La Vérité se tient TOUJOURS au delà de ce qui peut être connu ou énoncé. Lorsqu’un enseignant dit ou écrit quelque chose, il est en train d’attirer votre attention vers l’entre-deux — cet espace qui n’est ni ici ni là… hors de toute référence, indéfini. Le défi, c’est que la totalité de votre être physique et mental s’insurge contre cela. Instinctivement, vous recherchez le tangible et ce qui peut être rattaché à des références — le réconfort du connu. Sachez qu’il s’agit de la divinité s’exprimant en tant qu’humanité — un jeu de cache-cache cosmique déployé par Vous et à travers vous. Qu’est-ce qui pourrait bien être plus extraordinaire ? Qu’est-ce qui pourrait bien être plus grandiose ? La vie se vivant elle-même tel qu’elle survient en cet instant éternel. Affectueusement, Wayne
Octobre 2006 Bonjour mes chéris, Je ne suis ni Bouddhiste, ni Hindou, ni Juif. Et pas vraiment humaniste non plus. En fait, à part indiquer que je suis grand, gros et chauve, j’aurais bien du mal à dire exactement ce que je suis. Évidemment je ne suis pas grand comparé à la plupart des basketteurs professionnels et pas si gros que ça comparé à certains que je vois sur la plage, et j’ai en fait conservé plus de cheveux qu’il n’en reste à bien d’autres… Ceci en quelque sorte résume le problème propre aux étiquettes. Les étiquettes sont, comme tout savoir dont dispose l’organisme humain, fondées sur des comparaisons. Les comparaisons ont trait au contexte et le contexte ne cesse de varier. Tout est en perpétuel changement, suffisamment pour donner le tournis. Au moment même où vous pensiez savoir quelque chose, quelqu’un survient, réarrange toute l’histoire, et cette bonne vieille incertitude tant redoutée reprend ses droits. C’est à la fois la bonne et la mauvaise nouvelle. Avec l’incertitude vient l’insécurité, l’insécurité est cause d’agitation et l’agitation fait bouger les choses. Le mouvement est le fondement du changement et « changement » signifie « vie ». Je suis un grand partisan de la VIE. En fait, un si grand partisan de la VIE que lorsque des gens viennent à moi et me demandent ce qu’ils devraient faire, je leur conseille généralement de respirer. Ils présument souvent qu’une telle réponse signifie que je n’ai pas compris la question et ils se mettent alors à la développer. — «Non, respirer se produit indépendamment de moi, ce que je veux savoir, c’est ce que je dois faire. » Alors la question du jour est : « qu’est-ce qui NE se produit PAS indépendamment de vous ? » Et tandis que vous cogitez là-dessus, n’oubliez pas de respirer. Affectueusement, Wayne Septembre 2006 Bonjour mes chéris, Le terme « Conscience » est employé dans cet enseignement pour pointer vers Cela qui est TOUTE chose et qui en même temps n’est pas une chose. D’autres termes populaires et équivalents seraient : Source, Dieu, Unicité, Tao et Absolu, pour n’en citer que quelques-uns. Comme tout ce qui est manifesté est Conscience, rien ne peut être plus ou moins Conscience, ou supérieurement ou inférieurement Conscience. Si nous posons que tous les océans sont mouillés, dire que l’océan Pacifique est plus mouillé que l’océan Atlantique n’a aucun sens. On peut dire qu’un océan est plus vaste ou plus petit, ou plus salé qu’un autre, mais leur nature essentiel, leur nature mouillée est identique. Bien trop souvent, Dieu, l’Absolu, la Conscience sont évoqués en termes relatifs. Un groupe clame qu’il a connaissance, par la foi ou par la « science », de ce qui est plus « Divin » et il se trouve alors TOUJOURS un autre groupe pour le contester. L’esprit humain est conçu pour opérer des distinctions entre les choses à travers les sens. Il compare et analyse. En fait, tout le savoir accumulé par l’humanité est le produit de la comparaison, auquel s’ajoute le nouvellement « découvert », en tant qu’extension ou révision de ce qui était « su » antérieurement. Par conséquent, le savoir humain s’appuie entièrement sur des différences et des similarités. Dans sa quête de Dieu, il est tout naturel que l’homme tente d’utiliser ses outils et méthodes habituels. Malheureusement, ils ne servent qu’à connaître les aspects matériels et relatifs de la Conscience, (le monde manifesté). Ils ne sont d’aucune utilité pour la connaissance de la Conscience en tant qu’Absolu. C’est ici que nous pénétrons dans le domaine du mystique. La connaissance, la science et jusqu’à la foi doivent être abandonnées. C’est le monde de la transcendance. Ici s’estompe la distinction entre connaissant et connu. Ici les mots s’arrêtent. C’est ici que tout s’arrête. Affectueusement, Wayne Août 2006 Bonjour mes chéris, L’une des phases les plus décourageantes et les plus déplaisantes dans l’évolution de cette Compréhension est le point où vous vous retrouvez en retrait et déconnecté de tout ce qui vous entoure. C’est comme si le monde était devenu complètement gris – rien n’a d’importance, rien n’est particulièrement douloureux, mais rien n’est particulièrement joyeux non plus. Vous n’êtes pas vraiment déprimé, mais vous n’êtes pas vraiment heureux – tout prend une couleur égale. Une telle condition coïncide souvent avec la reconnaissance que vous n’êtes pas l’auteur de vos pensées, de vos sentiments ou de vos actes. Comme si l’ego qui vient d’être démasqué pour ce qu’il n’est pas adopte un autre registre pour son implication. Ne pouvant plus se proclamer auteur de quoi que ce soit, il prétend maintenant maussadement qu’il n’est rien dont il vaille la peine d’être auteur. Oui, il s’agit d’un autre mensonge, mais il est convaincant. Comme avec le mensonge précédent, le mensonge d’être personnellement auteur, une solution possible est de l’examiner à la lumière du questionnement. Est-ce vrai ? L’apparence est-elle la réalité ? À la fin, les nuages se dispersent et la grisaille s’évanouit avec eux. Le paysage de la vie s’éclaire à nouveau de toute sa beauté et de toute sa laideur… s’illumine de toute sa joie et de toute sa tristesse… ce qui est vu est ce qui a toujours été là… une diversité fantastique et infinie. Affectueusement, Wayne
Juin 2006
Bonjour mes chéris, Je viens juste de passer Guru Purnima à Bombay avec Ramesh et ce fut tout à fait splendide. Il m’est souvent demandé : « Un gourou est-il nécessaire ? » La question est en fait mal posée. Ce n’est pas que le gourou soit nécessaire pour que le chercheur spirituel puisse obtenir ce qu’il cherche mais plutôt que le gourou compte parmi les plus merveilleux cadeaux de l’Univers. Auriez-vous la bonne fortune de recevoir ce cadeau stupéfiant, qu’il serait alors immédiatement évident que la relation avec le gourou est une fin en soi plutôt qu’un moyen pour atteindre un objectif plus avant. À 89 ans, Ramesh est aussi puissant et congru dans sa présentation de l’Enseignement qu’il ne l’a jamais été. Être assis auprès de lui à l’écouter est comme entendre une symphonie aimée, dont chaque note serait attendue et familière à tous, mais dont chaque exécution serait unique et pleine de fraîcheur. Ce Guru Purnima-ci était particulièrement chargé de sens pour moi puisqu’il marquait exactement ce jour étonnant où, dix ans auparavant, Ramesh avait conclu son discours de Guru Purnima en disant : « Vous devriez tous revenir demain. Demain c’est Wayne qui donnera l’entretien. » À cet instant, je n’aurais jamais pu imaginer où l’Enseignement me conduirait… tous les lieux, les villes et les pays… toutes les femmes, tous les hommes, jeunes ou vieux, certains gonflés de sève, d’autres se préparant à la mort, tous, le cœur prêt à s’ouvrir, le front lisse et les yeux brillants d’une Compréhension nouvelle. Quelle étonnante merveille que cette vie ! Je me range parmi les plus heureux des hommes pour avoir trouvé mon gourou en Ramesh et avoir été empli, improbable soliflore, pour porter et répandre cet Enseignement resplendissant. À vous tous, qui avez envoyé cadeaux, vœux et donations en ce Guru Purnima, je vous remercie pour votre amour et votre soutien. Affectueusement, Wayne
Mai 2006 Bonjour mes chéris, Pour juger quelque chose il faut une échelle de valeur et comme chacun nourrit ses propres valeurs, les jugements portant sur une même choses varient souvent. La question devient alors qu’elle est l’échelle juste. L’esprit humain est avide de certitudes. Comme s’il percevait ses propres limitations et tentait de les dépasser avec des concepts tels que : Vérité Absolue, Bonté Absolue, Amour Absolu, Beauté Absolue etc. La méthode traditionnelle pour certifier la JUSTESSE de ces absolus est la révélation divine. Soit Dieu s’adresse directement à vous via une « vision » ou une « voix » (avec ou sans l’intervention de drogues ou de pratiques spirituelles) – soit il communique avec vous indirectement à travers le recueil de sa relation (Ecritures) avec un autre. Des variantes modernes sur ce thème tentent d’utiliser une méthodologie scientifique ou pseudo scientifique pour déterminer les propriétés de l’Absolu, mais comme avec les méthodes religieuses, il s’avère impossible de parvenir à un consensus. Il y a une arrogance inhérente associée à la croyance que vous détenez la Vérité. C’est l’ultime refuge du pouvoir de l’ego. Pour moi, la beauté de cet Enseignement est qu’il ne prétend pas être la Vérité. Il s’agit simplement d’une série d’indicateurs pointant tous dans la même direction. Il encourage l’étudiant à se chercher lui-même au sein du Mystère qu’est l’essence de l’existence. C’est souvent un voyage effrayant, dépourvu d’une échelle de mesure Absolue pour évaluer votre progression. Sur la fin, cependant la Compréhension se révèle elle-même dans une humilité à la foi transcendante et sublime. Affectueusement, Wayne
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